Aiphanes minima (anciennement Aiphanes erosa) est aussi un palmier aux origines sudaméricaines, qui possède de nombreux cousins co-génériques sur les versants arrosés des Andes. Comme tous les membres de ce genre, il est extrêmement épineux, du bas du tronc jusqu’au limbe des feuilles, et ce, dès les premières années de sa vie. Dans certaines zone d’altitude, on trouve ce petit palmier en si grand nombre dans les sous-bois, qu’il vaut mieux regarder à deux fois avant de se rattraper à un tronc en cas de chute : cela équivaudrait à saisir un oursin à pleines mains !
Sur les versants les plus arrosés de la côte nord atlantique, presque jusqu’au niveau de la mer, poussent des Aiphanes minima aux dimensions bien plus importantes. Certes, le climat favorable y est sans doute pour quelque chose, mais peut-être aussi s'agit-il là d'une variété différente ? On trouve une toute petite population d’une forme équivalente dans une forêt semi-sèche de bord de mer à Trois Rivière, dans l’extrême sud de la Basse-Terre de Guadeloupe. Mais il n’y a là que quelques palmiers adultes, sans doute plantés il y a fort longtemps sur ce site d’une ancienne habitation agricole, et un climat trop sec pour que nous puissions conclure à une population sauvage. C’est donc très probablement un peuplement sub-spontané, le seul de cette espèce en Guadeloupe, qui ne compte donc pas Aiphanes minima dans sa flore indigène au sens strict.
"Karen Laubengayer, du Jardin Botanique de Miami, que nous avions reçue en août 2008 en Martinique dans le cadre d’une étude de terrain sur les Aiphanes des Petites Antilles, a publié ses conclusions. Elle ne reconnaît finalement qu'une seule espèce, Aiphanes minima, même si les populations des îles du sud (Saint Vincent, Barbade) sont plus petites que celles des îles située au nord de son aire de répartition (Dominique, Martinique, Sainte Lucie). Ce palmier ne semble pas indigène en Guadeloupe, car la seule population existante est manifestement sub-spontanée. " (Nov 2008)